Colère étudiante au Royaume-Uni
Manifestation étudiante à Newcastle, le 9 décembre 2010
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Le 9 décembre 2010, la Chambre des Communes doit se prononcer sur le sort du projet gouvernemental visant à réduire considérablement la part de l’État dans le financement des universités à partir de 2012, dans le contexte plus général de la politique d’austérité budgétaire menée par la coalition au pouvoir. En l’état, cette mesure au cœur de la contestation prévoit deux mécanismes conjoints : d’une part la suppression des dotations publiques pour les départements de sciences sociales, d’humanités et d’art, les sciences dures et les lettres modernes étant épargnées ; d’autre part, la mise en œuvre de nouveaux mécanismes de garantie publics de prêts pour les étudiants (1), visant à compenser la conséquente hausse des frais d’inscription (tuition fees) actuellement plafonnés à £3 290, et relevés à £6 000, voire £9 000 pour certaines formations.
Alors que jusqu’ici, la vaste politique de coupes budgétaires du gouvernement de David Cameron n’avait mobilisé que faiblement la population et les syndicats, c’est du côté des universités que la contestation a pris forme. Inhabituelle au Royaume-Uni par son ampleur et sa nature, cette mobilisation a déjà réuni 50 000 étudiants à Londres début novembre – qui s’en étaient alors pris au siège du Parti conservateur –, et trouve désormais des ramifications dans de très nombreuses universités du pays. À l’Université de Newcastle, où je me trouve actuellement, une soixantaine d’étudiants occupent depuis le 26 novembre le bâtiment des Arts, et deux manifestations ont eu lieu le 24 et le 30 novembre (voir la vidéo). S’organisant à travers les réseaux sociaux et relayée par l’hebdomadaire étudiant local The Courrier, cette mobilisation, si elle ne frappe pas par son caractère de masse, n’en est pas moins influente et raisonnante. En témoigne par exemple la participation des lycéens qui se joignent régulièrement aux étudiants. Paysage revendicatif familier des Français, la situation reste cependant exceptionnelle, et sans aucun doute signifiante, pour l’endroit. Lire la suite »



