Labour : Ed Miliband au défi d’une société britannique fragilisée
Ed Miliband – Capture d’écran du Andrew Marr Show sur la BBC
Étant pour les dix prochains mois à Newcastle en Angleterre, dans le cadre du programme Erasmus, j’inaugure ici une nouvelle catégorie intitulée « Chronique britannique », où je tenterai de mettre en avant certains aspects de l’actualité, principalement politique, mais aussi sociale, voire culturelle.
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Sans équivoque, l’arrivée d’Ed Miliband à la tête du Parti travailliste marque un tournant dans la vie politique britannique. L’on ne sait, pour l’heure, quelle en sera véritablement la substance, mais il est acquis qu’une page se tourne. Déjà, la défaite de Gordon Brown le 6 mai 2010, et désormais l’élection à la tête du parti – la première depuis 16 ans – du cadet des frères Miliband, constituent très vraisemblablement la fin du blairisme comme horizon politique en Grande-Bretagne.
En guise de révélateurs, le vif duel auquel se sont livrés Ed et David tout au long de la campagne – les autres candidats, Ed Balls, Andy Burnham et Diane Abbott restant loin derrière – et cette victoire particulièrement serrée du plus jeune ont tenu chacun leur promesse. Incarnant la succession naturelle de Tony Blair, et prônant un rapprochement avec les Libéraux-Démocrates (LibDem) – actuellement au pouvoir –, David Miliband, l’aîné, aura fait la course en tête pendant les trois premiers tours de scrutin, tous collèges confondus. Il aura donc fallu attendre le face-à-face final pour voir se renverser la situation au profit d’Ed Miliband, dont le message clairement tourné à la gauche du parti, déclarant le New Labour « mort », a su convaincre de manière déterminante le collège des syndicats. Il y a ainsi recueilli près de 59,8 % des voix, contre 46,7 % dans le collège des députés, et 45,7 % dans celui des adhérents. Lire la suite »


