« Le deuxième âge de l’émancipation »
Dominique Méda et Hélène Périvier, Le deuxième âge de l’émancipation, Paris, Seuil, 2007.
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Publié en 2007, Le deuxième âge de l’émancipation est un essai engagé qui fait le point de manière claire et synthétique sur la situation socio-économique des femmes, notamment s’agissant de l’emploi ou de la répartition sociale des rôles dans la sphère familiale, et qui offre de nombreuses perspectives de réformes possibles. De fait, alors qu’en apparence la situation des femmes Françaises apparaît enviable par rapport à d’autres pays, du fait d’un haut niveau d’emploi et d’une forte fécondité, D. Méda et H. Périvier décrivent un état d’inachèvement, une « panne » du processus d’émancipation féminine en France : « Si dynamique d’émancipation il y eut à partir des années 1970, celle-ci marque aujourd’hui le pas » (p. 6).
De surcroît cette panne de l’émancipation s’inscrit dans une absence de débat politique et social, aujourd’hui, sur la question féminine. Les auteures se l’expliquent par un sentiment dominant qui considère l’émancipation comme réalisée, « accomplie » (p. 6), occultant de facto une situation sociale des femmes qui, loin d’être stabilisée, apparaît à l’analyse fragile, friable, et dont le retour en arrière n’est pas une hypothèse parfaitement incongrue.
Parallèlement, et devant les progrès réalisés depuis les années 1970 en matière d’émancipation des femmes, une véritable « rhétorique du choix » (p. 28) s’est développée, faisant des inégalités persistantes entre les hommes et les femmes la résultante de ce qui serait une volonté délibérée de ces dernières, répondant en cela à de supposées aspirations qui leurs seraient propres en tant que femmes, en particulier le fait de donner naissance et d’élever les enfants, ou encore d’avoir une vocation à la réalisation du travail informel domestique (dit de « care » dans la terminologie anglo-saxonne).
Or D. Méda et H. Périvier, par leur analyse précise, chiffrée et documentée, tordent le coup à cette idée de choix en envisageant la question de l’émancipation féminine comme un principe éminemment collectif et de nature sociale très large. Ainsi, « En réalité, les inégalités entre les sexes font partie intégrante de la question sociale : elles soulèvent des enjeux de justice pour les individus, mais aussi des enjeux économiques majeurs pour la société dans son ensemble » (p. 28). Lire la suite »

