L’ouverture

Désormais c’est sur L’ouverture que j’écris. Ou c’est encore ici pour me défouler. Jordan image-2.jpg 

Crise des éléphants, vive les vaches !

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Me concernant, les vacances commencent à partir de maintenant. Le temps pour moi de vous faire part d’une petite évasion de l’esprit en ces temps militants pas si vacanciers que ça…

Ca se prend la tête, ça se chamaille dans cette torpeur estivale… “Refonder la gauche”, ou encore “reconstruire la gauche”… ? Scission, pas scission ? Bucher pour la social-démocratie ? Et la “gauche de la gauche” alors ? Mais merde, et puis les éléphants alors ? La gauche, un passé de merde ?

Mais que veut-on vraiment, avec qui, comment, quand, et pour quoi faire ? Je m’y perd, je fatigue, je pars…

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En tout cas, dans les cuisines de l’hôpital, ça vote là où vous pensez… “Déjà qu’il y’a pas assez de sous hein, alors” ; “pi d’ailleurs, tous ces étrangers ils renvoient tous les sous chez eux, et nous alors ? ” ; “et même de toute façon, elle aurait pas fait mieux !” ; “et puis de toute façon c’est du pipi tout ça, sont tous pourri, on connaît, hein, dès que y’a du pouvoir ben voilà”… Imaginez vous tout ça avec l’accent du coin.

 

Enfin bref, vive les vaches, c’est avec ça que ça changera, je vous le dis !

 

(Les photos viennent d’un dessert d’ouvrage, qui se nomme Madame Bovin Rit, Yves Perton, Presses du Belvédère)

 

Réflexion sur la “Culture”.

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La culture, nous la revendiquons, nous la voulons, nous la portons tel un étendard. Mais, voilà que bien vite, cette recherche s’en trouve limitée par la définition même de ce qu’il y a derrière ce terme « culture ». Dans le dernier Texte d’Orientation de l’UNL (janvier 2006), on peut y lire que « chacun sait à quel point la culture est synonyme d’épanouissement personnel ». Mais quoi ? Qu’est-ce donc ? De quoi parle-t-on ? Sans pour autant remettre fondamentalement en cause (du moins je l’espère) cette revendication ancienne, il convient néanmoins d’approfondir, de creuser, dans la direction de la clarté du propos et de la pensée. Qu’entendons-nous par « culture » ? Pourquoi vouloir plus de « culture » ? Qu’est-ce qui peut bien justifier son utilité ?
Ces intérrogations méritent à mon sens d’être posées, car l’ambiguité crasse de la « Culture » peut nous revenir en plein dedans, et surtout, envers toute la vertue que l’on pourrait lui attribuer.

Qu’est-ce donc que la culture ? Comment peut-on la définir ? Soyons simple et terre à terre, commençons par le dictionnaire. Il s’agit ici du Petit Robert qui nous dit : « 1. Développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices intellectuels appropriés. Par ext. Ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique le goût, le jugement. • 2. Ensemble des aspects intellectuels d’une civilisation. • 3. Ensemble des formes acquises de comportement dans les sociétés humaines. »
Dans un tout autre registre, Jean Dubuffet(1) écrit : « Le mot culture est employé dans deux sens différents, s’agissant tantôt de la connaissance des œuvres du passé (n’oublions jamais au surplus que cette notion des œuvres du passé est tout à fait illusoire, ce qui en a été conservé n’en représentant qu’une très mince sélection spécieuse basée sur des vogues qui ont prévalu dans l’esprit des clercs) et tantôt plus généralement de l’activité de la pensée et de la création d’art. »

Si nous cherchons ici, à tout prix une définition de la culture, c’est sans doute qu’il y a un malaise quelque part. En effet, il est malheureusement très facile de tomber dans l’éceuil du « bien culturel », qui dans notre société à de beaux jours devant lui. Ce problème est lui aussi à clarifier. Dubuffet(2) (encore lui) dit à propos du « bien culturel » : « Le propre de la culture est de projeter une vive lumière sur certaines productions, de drainer la lumière au profit de celles-ci sans souci de plonger par là tout le reste dans l’obscurité. De ce fait meurent asphyxiées (car la création s’ébat de recevoir un peu de lumière et s’éteint quand elle en est privée) toutes velléités qui ne prennent pas leur source à ces productions privilégiées. Ne peuvent plus vivre que leur imitateurs, commentateurs, exploiteurs et scoliastes. »
Il me semble ici que l’on touche du doigt le fond du problème ; comment revendiquer un accès démocratisé à la culture sans, en fait, revendiquer un accès démocratisé au « bien culturel » ? Autrement dit celui qui n’est jamais dans « l’activité de la pensée ». À l’inverse il devient un consommateur d’un bien marchand. Or est-ce que l’épanouissement personnel se situe dans la satisfaction d’un bien ultime ? Non, c’est plus fin que ça. Alors certes, « il est primordial que l’ensemble des lycéens puisse bénéficier d’un égal accès à la culture »(3), mais il est bien entendu que l’intérêt ne porte pas sur le fait que tous aient un égal accès à un bien bien de culture, mais aient accès à une forme de surprise, presque de révélation tout à fait irrationnelle, qui nous fait réfléchir et nous donne du grain à moudre. Cet aspect est loin d’être assez mis en valeur dans la réflexion collective que nous menons.

C’est pourtant là que se situe la clé de contact. Démocratiser l’accès à la culture est un processus large et qui attrait de manière considérable au subjectif, au non-quantifiable. Démocratiser l’accès à la culture, c’est avant tout défendre une certaine réflexion sur ce que sont les rapports humains au sein d’un lycée. Ne nous voilons pas la face, le Pass Culture (ou la revalorisation de la Carte Lycéenne, tout est question d’appelation), tout au bout de la chaîne, n’est qu’un instrument nous permettant éventuellement d’envisager que chacun puisse s’imaginer aller au théatre, au cinéma, à la bibliothèque, quel que soit son milieu. Mais, tel un poignard, il est à double tranchant. Appliqué tel quel, il ne favoriserait que ceux qui vont déjà au théâtre, à la bibliothèque… Là n’est donc pas notre objectif, on est bien d’accord.

Ainsi, chercher à rendre moins inégalitaire l’accès à la Culture, c’est avant tout chercher et susciter des dispositions d’esprits vouées à nous transmettre quelque chose, bien encore, à nous faire se poser des questions. Favoriser l’accès à la culture, c’est favoriser l’accès à un certain degré de reflexion sur le sens qu’il y a à être assis sur une chaise dans un lycée à longueur de journée. Amorcer ce processus est sans nul doute ce qu’il y a de plus difficile, et il serait bien utopique de croire que cela pourrait porter en lui une quelconque forme de « généralisation ». Néanmoins, nous ne pouvons pas nous défausser de cet exercice, qu’aucune revalorisation de la Carte Lycéenne l’y substituera.

C’est d’ailleurs peut-être ça qu’il y a de plus noble dans le militantisme, se retrouver sans cesse face à nous-même, face à notre fond. En toute modestie, cherchons en lui, davantage encore de ce qu’il a à nous dire. Par ce biais, à mon sens, certes on n’en profite égoistement, mais bien plus que cela et parce que tout ceci est issu d’une réflexion humaine, cela peut rejahir sur une forme de pensée plus collective qui reste tout de même la raison d’être d’un syndicat lycéen comme l’UNL.

Jordan.

(1) Jean Dubuffet, Asphixiante Culture, J.J. Pauvert éditeur, 1968.

(2) ibid.

(3) Texte d’Orientation de l’UNL, janvier 2006.

(4) Projet Pour l’Éducation de l’UNL, mai 2007.

La Démocratie Lycéenne, mythe ou réalité ?

La Démocratie Lycéenne est un ensemble d’instances démocratiques au sein desquelles les lycéens sont à parité avec les adultes. Cet ensemble se réparti hiérarchiquement du Conseil de Vie Lycéenne (CVL) dans chaque lycée, au Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE), en passant par le Conseil Académique de la Vie Lycéenne (CAVL) et le Conseil National de la Vie Lycéenne (CNVL). Ce système de représentation des lycéens est apparu il y a une quinzaine d’année en concordance avec les mouvements lycéens que se soit en 1987, en 1994, ou encore en 1998.

Cette Démocratie Lycéenne à deux enjeux de taille, à savoir : impliquer les lycéens aux décisions qui les concernent et faire « vivre » un apprentissage de la citoyenneté.

Si la mise en place de ces instances marque une évolution notoire et ouvre une voie vers une École plus « responsabilisante », il ne faudrait que cela masque un fonctionnement encore trop limité matériellement et structurellement. D’une certaine façon la société démocratique ne pourra pas se passer de la Démocratie Lycéenne, c’est pour cela qu’elle doit enfin prendre une place plus centrale au sein des établissements.

L’UNL, forte de son implication dans ces instances, revendique que leur fonctionnement soit largement amélioré. Trop peu de lycéens savent que ces instances existent, et même, quand ils les connaissent, ils n’en voient pas véritablement l’utilité. Il faut donc que cela change. Dans ce sens, l’UNL fait sept propositions concrètes pour redonner du dynamisme à la représentativité lycéenne. Former les élus lycéens sur le fond et sur la forme permettrait de donner véritablement un sens au fait d’être élu. Créer un « Statut d’Élu Lycéen », c’est reconnaître son action pour tous. Offrir un pouvoir de décision aux instances, c’est leur donner la place qu’elles doivent nécessairement avoir dans les lycées. Renouveler le tous les ans de cinq de ses membres le CVL c’est faire que l’enjeu démocratique devienne une habitude pour tous les lycéens chaque année. Faire que les lycéens puissent gérer le propre budget au CAVL, c’est leur permettre d’envisager les tenants et les aboutissants de leur travail.

Ces quelques propositions (elles n’y sont pas toutes) sont développées dans un dossier complet disponible ci-après.

Loin d’être un mythe, la Démocratie Lycéenne a vu le jour, aujourd’hui, elle doit grandir.

Jordan.

7 Propositions pour offrir un avenir à la Démocratie Lycéenne

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